Une collection assez unique
Il est parfois des collections dont l'intérêt dépasse largement la valeur des objets qui les composent.
Celle-ci en fait partie. Une famille genevoise vient de confier à la maison de ventes lausannoise Arteal une collection constituée par leur mère au fil des années.
Près de 1.200 Swatch sont ainsi dispersées en plus de 300 lots, dans une vente en ligne organisée sur Drouot jusqu'au dimanche 27 septembre 2026 à 14 heures.
La collectionneuse, âgée de 88 ans, avait commencé par réunir des opercules et des pin's avant de se tourner vers les montres. Son fils explique que l'essentiel de la collection remonte aux années 1990 et 2000 (parmi les meilleures années de la « seconde montre »).
Une grande partie des pièces proposées n'a jamais été portée ; des « NOS » : ce que les professionnels et collectionneurs nomment « New Old Stock », le graal, une montre ancienne et/ou de collection qui n’a jamais été portée.
Ce détail est important. Il ne s'agit pas simplement d'un stock de montres anciennes retrouvé dans une maison, mais du témoignage d'une véritable pratique de collection.
Une pratique qui correspond particulièrement bien à la manière dont Swatch avait alors conçu son univers : multiplier les modèles, les séries, les collaborations et les objets associés à la montre.
Celle-ci en fait partie. Une famille genevoise vient de confier à la maison de ventes lausannoise Arteal une collection constituée par leur mère au fil des années.
Près de 1.200 Swatch sont ainsi dispersées en plus de 300 lots, dans une vente en ligne organisée sur Drouot jusqu'au dimanche 27 septembre 2026 à 14 heures.
La collectionneuse, âgée de 88 ans, avait commencé par réunir des opercules et des pin's avant de se tourner vers les montres. Son fils explique que l'essentiel de la collection remonte aux années 1990 et 2000 (parmi les meilleures années de la « seconde montre »).
Une grande partie des pièces proposées n'a jamais été portée ; des « NOS » : ce que les professionnels et collectionneurs nomment « New Old Stock », le graal, une montre ancienne et/ou de collection qui n’a jamais été portée.
Ce détail est important. Il ne s'agit pas simplement d'un stock de montres anciennes retrouvé dans une maison, mais du témoignage d'une véritable pratique de collection.
Une pratique qui correspond particulièrement bien à la manière dont Swatch avait alors conçu son univers : multiplier les modèles, les séries, les collaborations et les objets associés à la montre.
La montre comme petite toile
Dès ses premières années, Swatch a cherché à sortir la montre du seul registre horloger... En 1985, la marque lance avec Kiki Picasso sa première Art Special, une série limitée à 140 exemplaires qui ouvre la voie à de nombreuses collaborations artistiques. Keith Haring suivra notamment en 1986.
La démarche est assez singulière pour l'époque : la montre n'est plus seulement un instrument destiné à donner l'heure. Accessible, elle devient en plus un support graphique, une surface d'expression et, progressivement, un objet que l'on peut avoir envie de conserver plutôt que simplement de porter.
Cette dimension apparaît très clairement dans la vente Arteal. Le catalogue comprend notamment des créations associées à Jean-Michel Folon, Sam Francis, Nam June Paik, Yoko Ono et Victor Vasarely, ainsi que des coffrets en éditions spéciales et des modèles datant des premières années de Swatch.
Parmi les lots figure par exemple le coffret The Artists, daté de 1996. Il réunit six montres : Film No 4 de Yoko Ono, Pop Bones de Jim Avignon, Love, Peace & Happiness de Micha Klein, Tempo Naturale du Studio Azzurro, Keret de Victor Vasarely et Hands d'Irit Batsry.
La démarche est assez singulière pour l'époque : la montre n'est plus seulement un instrument destiné à donner l'heure. Accessible, elle devient en plus un support graphique, une surface d'expression et, progressivement, un objet que l'on peut avoir envie de conserver plutôt que simplement de porter.
Cette dimension apparaît très clairement dans la vente Arteal. Le catalogue comprend notamment des créations associées à Jean-Michel Folon, Sam Francis, Nam June Paik, Yoko Ono et Victor Vasarely, ainsi que des coffrets en éditions spéciales et des modèles datant des premières années de Swatch.
Parmi les lots figure par exemple le coffret The Artists, daté de 1996. Il réunit six montres : Film No 4 de Yoko Ono, Pop Bones de Jim Avignon, Love, Peace & Happiness de Micha Klein, Tempo Naturale du Studio Azzurro, Keret de Victor Vasarely et Hands d'Irit Batsry.
Une autre manière de collectionner les montres
C'est probablement là que cette vente devient particulièrement intéressante pour l'histoire horlogère.
La Swatch n'était pas conçue comme une montre traditionnelle destinée à être transmise de génération en génération. Son intérêt résidait justement dans son accessibilité, son renouvellement permanent et son rapport au graphisme et à la culture populaire.
La collectionneuse genevoise a pourtant adopté une démarche très différente : elle a conservé les montres, parfois sans les porter, et les a accumulées comme autant de témoignages d'une période.
Les années 1990 furent particulièrement propices à ce phénomène. Les montres Swatch pouvaient être achetées lors d'un voyage, découvertes dans une boutique, associées à un événement, à un artiste ou à une série particulière. Le collectionneur pouvait donc chercher non pas une seule « belle montre », mais une histoire, une famille de modèles, un coffret ou une collaboration.
La marque elle-même a largement entretenu cette relation avec l'art. Elle rappelle notamment qu'au milieu des années 1990, le Museum of Modern Art de New York a intégré des Swatch à sa collection de design.
La Swatch n'était pas conçue comme une montre traditionnelle destinée à être transmise de génération en génération. Son intérêt résidait justement dans son accessibilité, son renouvellement permanent et son rapport au graphisme et à la culture populaire.
La collectionneuse genevoise a pourtant adopté une démarche très différente : elle a conservé les montres, parfois sans les porter, et les a accumulées comme autant de témoignages d'une période.
Les années 1990 furent particulièrement propices à ce phénomène. Les montres Swatch pouvaient être achetées lors d'un voyage, découvertes dans une boutique, associées à un événement, à un artiste ou à une série particulière. Le collectionneur pouvait donc chercher non pas une seule « belle montre », mais une histoire, une famille de modèles, un coffret ou une collaboration.
La marque elle-même a largement entretenu cette relation avec l'art. Elle rappelle notamment qu'au milieu des années 1990, le Museum of Modern Art de New York a intégré des Swatch à sa collection de design.
Des montres restées dans leur époque
On y retrouve des modèles de 1984, des éditions limitées, des coffrets et des pièces qui permettent de parcourir plusieurs périodes de l'histoire de la marque.
Mais la vente rappelle aussi une réalité moins romantique de la collection de Swatch vintage. La majorité des montres n'a jamais été portée, mais leur ancienneté peut avoir entraîné certaines altérations liées au stockage et au vieillissement des matériaux.
Les piles ont été retirées et leur fonctionnement n'a donc pas été vérifié. Les bracelets en plastique peuvent également être devenus secs, durs ou fragiles. Les montres sont vendues en l'état.
Autrement dit, « jamais portée » ne signifie pas nécessairement « en bon état » lorsqu'une montre en plastique a dormi plusieurs décennies dans un coffret.
Mais la vente rappelle aussi une réalité moins romantique de la collection de Swatch vintage. La majorité des montres n'a jamais été portée, mais leur ancienneté peut avoir entraîné certaines altérations liées au stockage et au vieillissement des matériaux.
Les piles ont été retirées et leur fonctionnement n'a donc pas été vérifié. Les bracelets en plastique peuvent également être devenus secs, durs ou fragiles. Les montres sont vendues en l'état.
Autrement dit, « jamais portée » ne signifie pas nécessairement « en bon état » lorsqu'une montre en plastique a dormi plusieurs décennies dans un coffret.






